Histoires parues dans le BBC

Création de la mairie - école (article paru en septembre 2020 BBC 1)


 C’est par un vote du conseil de la commune de janvier 1901  que le maire le comte Charles de Pins Montbrun  approuva la décision de construire une mairie-école. Le projet fut confié à un architecte très célèbre à Toulouse pour ses nombreuses réalisations , Joseph Thillet – également professeur aux beaux arts. Il présenta son plan en juillet 1901 ce dernier fut validé  en 1902 par le ministère de l’instruction publique puis vu et approuvé par le préfet en 1903.
 
 En 1901 le conseil municipal décide d’acquérir un terrain pour la construction  de cette maison d'école publique  et de la mairie suite à une subvention exceptionnelle mises à disposition des mairies par le ministre de l'éducation. Le choix s'est fixé sur deux parcelles n° 8 et 10 section B appartenant à Mrs Fauré et  Carrié dans la rue de Léguevin qui mène à la gare,  le terrain  est très convenable près du centre du village, faisant en tout 613 m2, le prix de ces deux parcelles s'élève à  1600 frs , l’achat est voté à 5 voix contre 4 et une abstention.
La mairie actuelle a été construite en 1905 grâce en partie à la vente d’une maison sise rue de grenade léguée en 1877 par un testament holographe du curé de St Félix  suite  à l’initiative de Marie de Saint-Félix , sa mère  qui joua un rôle important dans la commune de Brax au XIXème siècle par ses nombreux dons. Cette maison avait servi de mairie et d’école de garçons pendant une cinquantaine d’année ainsi que de logement à l’instituteur. Réf : texte de monsieur Costes instituteur public de 1861 à 1900, ce dernier occupa  également, pendant toutes ces années le poste de secrétaire de mairie.
La construction s'élève à 16 690 francs , il y aura des subventions du département 1300 frs, de l'état, le montant de la vente de la maison donnée par le curé, mais la commune devra emprunter près de 5000 frs car il y aura d'autres frais cette année là, comme refaire le mur de l'ancien cimetière pour 800 frs.
 Le bâtiment est alors constitué d’une maison carrée, prolongée par un rectangle qui sera la salle de classe.  Au rez-de-chaussée on trouve la  salle de la mairie, le cabinet du maire, la cuisine et la salle à manger  de l’instituteur, à l’étage 3 chambres.  L’entrée des filles et l’entrée des garçons était différente ,  la cour de récréation et le préau étaient distincts alors que la salle de classe vaste et bien éclairée était mixte ; le garage des services techniques occupe l ‘ancienne cour de récréation et le parking derrière la mairie actuelle, était le jardin de l’instituteur.
C’est le comte Charles du Pins Montbrun qui inaugura l’établissement puisqu’il a été maire de Brax pendant 32 ans de  1888 jusqu'en 1920 . 
La salle de classe sera utilisée de 1905 à 1956 avant de devenir la salle du conseil municipal . Le bâtiment subira de nombreuses transformations la plus importante en façade sera le déplacement de la porte d’entrée installée à la place d’une fenêtre pour  agrandir le bureau d’accueil et la création d’une porte extérieure, pour accéder à la salle du conseil et à l’intérieur le déplacement de l’escalier  pour agrandir le hall d’entrée. De nombreuses salles ont été ajoutées sur la façade ouest et la façade sud, sur la droite en utilisant une salle qui avait été  ajoutée et attribuée au club du troisième âge .et derrière la salle du conseil municipal  un agrandissement a été possible en gagnant sur l’ancienne cour de récréation. Après la construction de la nouvelle école près de l’église et le départ de Madame Lafontan, dernière institutrice de cette école,  les salles  du rez-de-chaussée de l’ appartement seront affectées à des logements de fonctions puis l’étage sera loué à des locataires jusque dans les années 70.
 

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La Place : cœur du village (récit paru dans le BBC du mois de mars 2021 BBC 2)

Place du village - l'église


L’histoire de la place du village a commencé avec celle du château. Ce cœur du village représente le lieu de rassemblement social, économique, culturel, festif et de convivialité autour des commerces.
Ce n’est qu’au cours du XXème siècle que la place a été agrandie. Plusieurs bâtiments ont été détruits : des maisons, une grange, le presbytère et la balance communale.
Cette place porta différents noms en fonction des événements, encore aujourd’hui sa nomination reste multiple de la Place du champ du Pinié à la Place du château, en passant par la Place publique, Place de la Vierge, Place de la mission…
C'est à la fin du XVIIème siècle, à la suite d'un séisme, fortement ressenti à Brax, que fut érigée une stèle dite croix commémorative, elle représente une statue du Christ, la face tournée vers l'Occident. Il s’agit d’un monolithe de 3m de haut à base carrée développé ensuite en colonne octogonale, au bas de laquelle on peut lire la phrase suivante : "Le 21 de juin 1660 la Terre Trebla" (voir le 3° épisode de l'histoire de Brax racontée par Mr BASTIEN, ancien maire de Brax, qui relate plusieurs hypothèses sur l'absence du « m » !!!).
En 1897, suite à l’installation de la Vierge de la mission, la place publique du village devient la place de la Mission (en souvenir d’une mission de 1860 ), certains l’appelleront aussi place de la Vierge.
En 1906, deux lanternes-réverbères seront installées sur cette place.
En 1907, Brax n’a encore que 250 habitants, mais la nécessité de communiquer rapidement se fait sentir et le Conseil Municipal décide l’installation d'un poste central de téléphone au café VERSEVY.
En 1926, on commence, en Conseil municipal, à parler de la fête locale, celle-ci sera installée sur la place, des crédits supplémentaires sont votés pour tirer un feu d'artifice. Un comité des fêtes sera constitué plus de 20 ans plus tard, la date de la fête sera déplacée à plusieurs reprises, de mai (car la Saint Orens se fêtait le 1 mai) à juin puis en septembre pour revenir en juin (Fête de Ste Germaine).
En 1927, l’implantation d'une bascule communale constituée d’une plateforme et d’une maison carrée qui abritait le système de pesage vont amener encore plus de vie et d’animation au cœur du village. Ce système permettait de peser les véhicules, charrettes et plus tard camions et voitures contenant des animaux ou des produits agricoles. C’est monsieur Noël Mesplé (cousin germain par alliance de la Mémé) qui le premier fut désigné comme peseur assermenté et chargé de faire passer le véhicule en charge puis à vide, et de délivrer ensuite les bons de pesage. Elle fonctionna jusque dans les années 60 puis elle abrita pendant quelques temps les toilettes publiques avant d’être démolie après 1970.
Dans les années 60, le projet d’agrandir la place voit le jour, par des achats de terrain et de parcelles. Le presbytère et son jardin, autrefois implantés dans une partie du champ du Pinié furent démolis pour y implanter le boulodrome.
En 1971, un arbre de Noël fut planté dans l'enclos de la Vierge et un autre près de la croix sur la place, pour bénéficier de l'éclairage public, ce furent les premières illuminations de Noël …à suivre
Sources : Archives départementales, registres d’état civil, CR de conseils municipaux, Six siècles d’histoire par Georges Bastien.

 Les 125 ans de la construction du lavoir*abreuvoir*fontaine (BBC 3 août 2021 )

Après avoir décidé la construction d’une école publique en 1894, et pour répondre aux besoins de la population croissante, et des règles d'hygiène, la municipalité de Brax, a entrepris en 1896 la construction d’un lavoir public couvert et d’une fontaine abreuvoir, selon le plan effectué le 20 mai 1895 par l'architecte Lahille, pour la somme de 1 700 frs.
 
Ce lavoir est situé au bord du ruisseau de la Chauge, en face du château sur la gauche en quittant la place du village par la rue de Grenade, maintenant rebaptisée la rue Marie Mesplé. Il est composé de 6 piliers à base rectangulaire en brique surmontés d'une charpente en bois et d’un toit à deux pentes, il est fermé sur deux cotés nord et ouest, pour abriter les lavandières de la pluie et du vent, le bassin est rectangulaire, celui-ci est complété en amont, par une fontaine-abreuvoir destinée aux animaux.
Cet ensemble est alimenté par l’eau de plusieurs sources collectées et conservées dans deux bassins cylindriques de captage, d’un diamètre de 3.56 m, ces bassins sont remarquables car construits en briquettes roses. L’eau des sources alimente donc la fontaine, l’abreuvoir, puis les bacs du lavoir ; les eaux de lavage se déversent ensuite dans la Chauge, avant de s’y perdre…
Avant cette date, les lavandières de Brax allaient déjà éclaircir leur linge dans ce lieu, mais celui-ci n'était pas aménagé, ni abrité. En effet à l'origine, le lavoir était une pierre plate ou une simple planche posée au bord d'un cours d'eau, d'une mare ou d'une source, sans abri, ici au bord de la Chauge.
Il existait un autre lavoir dans Brax, qui faisait aussi office d'abreuvoir pour les animaux, mais qui n'a pas fait l'objet d'une construction spécifique. Il était situé au bord du Couget*, proche de l'intersection de la rue du Vidalet et de la rue du Couget. Lors de la construction du chemin de fer un passage pour les piétons et les bestiaux sera délimité à cet endroit, pour permettre aux habitantes du hameaux des Cigareaux d'aller laver leur linge à ce lavoir plus proche de leur domicile. Ce passage piétons sur la voie ferrée à été supprimé dans les années 2000.
Lieu de travail et lieu de vie :
Le début de la lessive se faisait à la maison, puis elle était transportée au lavoir où le linge était savonné, frappé à l’aide d’un battoir pour faire pénétrer le savon, brossé, rincé et égoutté. Pendant tout ce travail les femmes étaient agenouillées dans une boîte de bois garnie de paille, cette boîte avait sur le côté un petit compartiment où elles plaçaient la brosse à chiendent et le savon. Les conditions de travail y étaient très pénibles : les mains des femmes, plongées dans l’eau froide et parfois glacée l’hiver, en ressortaient meurtries, gercées et crevassées.
Le linge mouillé était ramené au domicile, transporté à l’aide d’une brouette, puis il était mis à sécher dans les près sur des haies ou dans le jardin ou encore dans le grenier.
La fonction sociale du lavoir était incontestable ; c'était, certes, un espace de travail, mais aussi un espace de vie du village.
Un lieu où les femmes pouvaient se réunir, discuter, chanter, plaisanter ; un lieu d'échange où les nouvelles du village se propageaient. C’était aussi un espace de transmission où se côtoyaient plusieurs générations, on y échangeait les recettes, les conseils et astuces ménagers, les remèdes miraculeux, les informations diverses. Ce lieu de vie, autour de l’eau, où l’on allait chercher l’eau fraiche où l’on conduisait les animaux pour boire, et ou bien sûr, on rinçait le linge a été utilisé jusque dans les années 50-60.
Ce lieu reste un témoin du patrimoine vernaculaire à usage collectif de la vie quotidienne rurale de Brax.
Références ;
Nos lavoirs et nos lavandières - [Patrimoine Culturel et ... patrimoine-historique-du-canton-de-Mouy
w w w . l a v o i r s . o r g   Lavoirs de France
 -L'entretien du linge - la vie paysanne autrefois  viepaysanneautrefois.free.fr/.../
-* Monsieur Marc MERONO pour ses souvenirs familiaux
-Extraits des CR de conseil municipaux de Brax et archives 2 O 88 


L'arrivée du chemin de fer à BRAX (récit paru dans le BBC 4 2022)

Le 1er mai 1863, la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, créée en 1852 par les frères Pereire, signe une convention avec le ministre des Travaux Publics pour la concession éventuelle d’un chemin de fer « de Toulouse à Auch ». Cette convention est approuvée par décret impérial le 11 juin 1863. La ligne est déclarée d'utilité publique le 17 juin 1865, elle couvrira une longueur d’environ 90 km.
Dés lors les discussions vont commencer pour définir le tracé. A cette époque, Pibrac célèbre avec éclat la glorification de sa bergère Sainte Germaine. A partir de la canonisation de Germaine Cousin (1867) les pèlerinages attirent des foules considérables. Pour faciliter la venue des pèlerins, le Père Tesseyre, curé de Pibrac, adresse une pétition de plus 300 000 signatures à l'impératrice Eugénie de Montijo demandant la modification du tracé initial pour un itinéraire passant par Pibrac et donc par Brax.


Mais lors de l’aménagement de la ligne de chemin de fer reliant Toulouse à Auch, l’implantation de la gare suscite de nombreuses tractations entre les élus de Brax et ceux de la commune de Léguevin. Brax fini par l’emporter le 16 mars 1868. La décision est prise, la station se situera à la limite frontalière des deux villages, et portera le nom de BRAX-LEGUEVIN.
Les plans parcellaires sont dessinés par le géomètre expert des Ponts et Chaussées, Mr Antoine Georgin (1821-1872), il trace l’implantation de la voie et il définit les terrains à acquérir pour la ligne du chemin de fer et ses dépendances, et, pour rétablir les chemins et les cours d’eau. L’ensemble des plans est validé le 30 novembre 1869.


Au chant des oiseaux et aux divers bruits de la ferme va se substituer le bruit des travaux de terrassement, de nivellement, de construction et des casseurs de cailloux… Ces travaux vont générer de nombreuses embauches sur le chantier. Les ouvriers sont souvent issus de l’agriculture, ou sont forgerons, maçons, charpentiers ; mais la plupart se retrouvèrent engagés comme terrassiers, car c'étaient d'eux que les ingénieurs et les chefs de chantier avaient surtout besoin, au début. De nouveaux métiers apparaissent à Brax : chef de gare, lampiste, garde-barrière, chauffeur, mécanicien, cantonniers…
Les travaux durèrent plusieurs années. Le paysage de la campagne braxéenne, où s’étalaient des champs de blés et de vignes, fut modifié par la nouvelle voie qui coupa le village en deux. Certains habitants de hameaux, comme ceux des Cigareaux, demandèrent un passage à niveau pour piétons afin de rejoindre plus rapidement le cœur du village, pour que le bétail puisse aller s’abreuver au lavoir modeste installé sur le bord du Couget et pour permettre aux dames d’aller laver leur linge.
En même temps que la voie progressait, les constructions annexes virent le jour : la gare de type IV (on disait alors la station), la lampisterie, puis les 5 maisons de garde-barrière. Les garde-barrières titulaires étaient astreintes à résidence dans la maison construite à cet effet, peu ou pas payée, elles étaient logées gratuitement. Chaque maison avait son jardin et bien souvent un poulailler, cela permettait à la garde-barrière et à son époux, le cantonnier affecté au chemin de fer, de cultiver des légumes, des fruits et d'élever lapins et volailles !
Enfin le 22 octobre 1877 ce fut la mise en service de la ligne.
Madame Marie Courtis fut la dernière gérante de gare à Brax, elle occupa ce poste pendant 11 ans, de 1965 à 1976, puis ce fut la fermeture de la gare de Brax. Pendant ses fonctions elle fut logée, avec sa famille dans l'appartement, au premier étage, elle a obtenu de nombreux prix pour la gare la plus fleurie !

Après leur départ, en 1976, le logement sera affecté à la famille d'une institutrice. Les locaux techniques et l'accueil des passagers seront dédiés à diverses associations braxéennes.
Puis les années 80 virent l'automatisation des barrières. Les dernières garde-barrières de Brax furent Denise Lartigue (1914-2008) et Henriette Séguret (1920-2017).

Le 2 septembre 1985, c’est l’ouverture de la nouvelle gare de Brax-Léguevin ; elle fut construite en un temps record, à peine 3 mois après l’acceptation du permis de construire. Outre le bâtiment d’accueil des passagers, il a été aménagé une voie d’évitement pour permettre aux trains de se croiser et de créer un terminus pour certaines rames. Ces aménagements ont amélioré la desserte de la banlieue Ouest de Toulouse en augmentant le nombre d’aller et retour.


Les maisons de garde-barrières ont été vendues par la SNCF à des particuliers et sont devenues des maisons d’habitations privées. Le jardin de la gare, situé au bout de la rue Borde Blanche, fut acheté par la famille Courtis qui y fit construire leur maison. L’ancienne gare restaurée et réhabilitée, à partir de 2012, est devenue la Maison de la Vie Associative.
En 2022 une nouvelle page s’inscrit dans le grand livre de l’histoire de la gare de Brax-Léguevin. Le plan multimodal prévoit l’aménagement de parkings pour les voitures, les deux roues et le bus 32, et, la sécurisation pour les piétons.