La gare : sa construction et sa lampisterie

Construction du chemin de fer et  de la gare

-Le 1er mai 1863, la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne signe une convention avec le ministre des Travaux publics pour la concession éventuelle d' un chemin de fer « de Toulouse à Auch. » Cette convention est approuvée par décret impérial le 11 juin 1863. La ligne est déclarée d'utilité publique par un décret impérial du 17 juin 1865 qui rend la concession définitive.
Le plan parcellaire des terrains à acquérir pour l'établissement de cette ligne traversant le territoire de la commune de Brax fut signé le 30 novembre 1869

La Compagnie des Chemins de Fer du Midi et le ministère des travaux publics sont donc chargés dès 1870 de l'aménagement des voies, de la construction de la gare de la lampisterie et des 4 maisons de gardes-barrières.

Le  22 octobre 1877  la gare de Brax est mise en  service.

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Lampisterie

La lampisterie, bâtie en même temps que la gare, est un entrepôt où est stocké le matériel d’éclairage nécessaire aux personnels de l’exploitation ferroviaire, ainsi que les outils d’entretien de la station. Ce bâtiment faisait également office de toilettes publiques pour les voyageurs. La lampisterie abrite aujourd'hui du matériel pour les associations.

Son histoire: l'arrivée du chemin de fer à BRAX

Le 1er mai 1863, la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, créée en 1852 par les frères Pereire, signe une convention avec le ministre des Travaux Publics pour la concession éventuelle d’un chemin de fer « de Toulouse à Auch ». Cette convention est approuvée par décret impérial le 11 juin 1863. La ligne est déclarée d'utilité publique le 17 juin 1865, elle couvrira une longueur d’environ 90 km.
Dés lors les discussions vont commencer pour définir le tracé. A cette époque, Pibrac célèbre avec éclat la glorification de sa bergère Sainte Germaine. A partir de la canonisation de Germaine Cousin (1867) les pèlerinages attirent des foules considérables. Pour faciliter la venue des pèlerins, le Père Tesseyre, curé de Pibrac, adresse une pétition de plus 300 000 signatures à l'impératrice Eugénie de Montijo demandant la modification du tracé initial pour un itinéraire passant par Pibrac et donc par Brax.
Mais lors de l’aménagement de la ligne de chemin de fer reliant Toulouse à Auch, l’implantation de la gare suscite de nombreuses tractations entre les élus de Brax et ceux de la commune de Léguevin. Brax fini par l’emporter le 16 mars 1868. La décision est prise, la station se situera à la limite frontalière des deux villages, et portera le nom de BRAX-LEGUEVIN.
Les plans parcellaires sont dessinés par le géomètre expert des Ponts et Chaussées, Mr Antoine Georgin (1821-1872), il trace l’implantation de la voie et il définit les terrains à acquérir pour la ligne du chemin de fer et ses dépendances, et, pour rétablir les chemins et les cours d’eau.  L’ensemble des plans est validé le 30 novembre 1869.
Au chant des oiseaux et aux divers bruits de la ferme va se substituer le bruit des travaux de terrassement, de nivellement, de construction et des casseurs de cailloux… Ces travaux vont générer de nombreuses embauches sur le chantier. Les ouvriers sont souvent issus de l’agriculture, ou sont forgerons, maçons, charpentiers ; mais la plupart se retrouvèrent engagés comme terrassiers, car c'étaient d'eux que les ingénieurs et les chefs de chantier avaient surtout besoin, au début. De nouveaux métiers apparaissent à Brax : chef de gare, lampiste, garde-barrière, chauffeur, mécanicien, cantonniers…
Les travaux durèrent plusieurs années. Le paysage de la campagne braxéenne, où s’étalaient des champs de blés et de vignes, fut modifié par la nouvelle voie qui coupa le village en deux. Certains habitants de hameaux, comme ceux des Cigareaux, demandèrent un passage à niveau pour piétons afin de rejoindre plus rapidement le cœur du village, pour que le bétail puisse aller s’abreuver au lavoir modeste installé sur le bord du Couget et pour permettre aux dames d’aller laver leur linge.
En même temps que la voie progressait, les constructions annexes virent le jour : la gare de type IV (on disait alors la station), la lampisterie, puis les 5 maisons de garde-barrière. Les garde-barrières titulaires étaient astreintes à résidence dans la maison construite à cet effet, peu ou pas payée, elles étaient logées gratuitement. Chaque maison avait son jardin et bien souvent un poulailler, cela permettait à la garde-barrière et à son époux, le cantonnier affecté au chemin de fer, de cultiver des légumes, des fruits et d'élever lapins et volailles !
Enfin le 22 octobre 1877 ce fut la mise en service de la ligne.
Madame Marie Courtis fut la dernière gérante de gare à Brax, elle occupa ce poste pendant 11 ans, de 1965 à 1976, puis ce fut la fermeture de la gare de Brax. Pendant ses fonctions elle fut logée, avec sa famille dans l'appartement, au premier étage, elle a obtenu de nombreux prix pour la gare la plus fleurie !
 
Après leur départ, en 1976, le logement sera affecté à la famille d'une institutrice. Les locaux techniques et l'accueil des passagers seront dédiés à diverses associations braxéennes.
Puis les années 80 virent l'automatisation des barrières. Les dernières garde-barrières de Brax furent Denise Lartigue (1914-2008) et Henriette Séguret (1920-2017).
 
Le 2 septembre 1985, c’est l’ouverture de la nouvelle gare de Brax-Léguevin ; elle fut construite en un temps record, à peine 3 mois après l’acceptation du permis de construire. Outre le bâtiment d’accueil des passagers, il a été aménagé une voie d’évitement pour permettre aux trains de se croiser et de créer un terminus pour certaines rames. Ces aménagements ont amélioré la desserte de la banlieue Ouest de Toulouse en augmentant le nombre d’aller et retour.
Les maisons de garde-barrières ont été vendues par la SNCF à des particuliers et sont devenues des maisons d’habitations privées. Le jardin de la gare, situé au bout de la rue Borde Blanche, fut acheté par la famille Courtis qui  y fit construire leur maison.  L’ancienne gare restaurée et réhabilitée, à partir de 2012, est devenue la Maison de la Vie Associative.
En 2022 une nouvelle page s’inscrit dans le grand livre de l’histoire de la gare de Brax-Léguevin. Le plan multimodal prévoit l’aménagement de parkings pour les voitures, les deux roues et le bus 32, et, la sécurisation pour les piétons.